Dans ma pratique j'entends plutôt parler de la solitude comme d'un fardeau, une souffrance souvent vive liée au manque, manque de compagne ou de compagnon, manque d'amis, manque de liens.

Je distingue ici  le sentiment de solitude de celui d'isolement; dans ce dernier cas la personne est réellement seule  comme c'est malheureusement le cas de nombreuses personnes âgées par exemple.

La solitude est différente : on peut se sentir seul.e alors que l'on est entouré.e, il nous semble que ça serait mieux, forcément mieux si on avait celui, celle, ceux  avec qui on peut vraiment partager.

La solitude veut souvent dire "sans amour" alors qu'on peut aimer vivre des moments de solitude en couple, comme on peut apprécier de vivre seul.e et se satisfaire d'une vie sans compagne ou compagnon. Je ne mésestime pas la souffrance de celles et de ceux qui se sentent seul.e.s, je crois toutefois qu'il est possible de vivre ce temps de solitude imposée comme une étape de croissance.

Souvent j'entends : "j'adore le cinéma mais je n'ai personne avec qui y aller... tout.e seul.e c'est nul.. personne avec qui partager..." Et donc privé.e de cinoche, privé.e d'une sortie qui fait plaisir.  Idem pour le théâtre, l'opéra, les musées... Et bien sûr les voyages.

On peut partager son plaisir si cela nous semble important en décalé, en échangeant à un autre moment , en écrivant sur les réseaux sociaux, en téléphonant... Faire les choses de sa propre initiative peut nous aider à retrouver l'estime de soi, on se prouve qu'on est capable, on se découvre des capacités (c'est le cas quand on voyage seul.e par exemple). 

Je voudrais ici partager ce qui pour moi est si savoureux dans la solitude, et d'abord cette possibilité d'être dans le silence... un silence qui ressource, qui apaise et qui permet de mieux être à l'écoute de soi et du monde.

Et puis, il me faut bien l'avouer, l'immense plaisir de ne pas avoir à tenir compte de quelqu'un.e, de vivre un moment à mon rythme et me donner l'occasion de faire exactement ce que je veux sans l'excuse de contraintes (car oui parfois ce que je veux est bien difficile à discerner et il serait plus confortable d'être obligée de faire quelque chose, même si ça ne me convient pas). 

Je vais au cinéma, au théâtre, à l'opéra seule pour le plaisir du film ou du spectacle, parce que j'en ai vraiment envie et n'en ressens aucune frustration. Ce qui n'empêche pas le plaisir d'y aller aussi en compagnie.

Je peux déjeuner ou diner seul.e au restaurant en y prenant grand plaisir, simplement parce que je suis seule à ce moment là, que ce resto me fait très envie.

Voyager seule m'a permis de me découvrir des ressources que j'ignorais totalement et qui sont des soutiens dans ma vie aujourd'hui.

Je ne cherche pas à convaincre de la supériorité de la solitude mais peut-être de la nécessité de lui laisser un peu de place dans nos vies bien remplies. Et pour ceux qui en souffrent tenter de ne pas y voir du manque mais l'occasion de changer. C'est difficile mais nous avons tous en nous ce noyau infracassable dont parle Christiane Singer qui peut nous aider* . La solitude peut être une porte qui nous ouvre vers de plus grands espaces, de créativité, de désirs, de découvertes... à partager bien évidemment si tel est notre souhait.

 

*  https://www.sophrologie-paris-11.fr/blog/articles/le-noyau-infracassable-de-l-etre

 

Liens

Eloge de la solitude

Avoir du temps pour soi est la clé du bien-être

L'esprit de solitude, de Jacqueline Kelen

 


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